LES ROUX, UNE ESPÈCE EN VOIE DE DISPARITION

moi petite

moi, petite

Billet d’humour

Le roux, cette espèce rare, évolue dans les landes pluvieuses du Nord de l’Europe où il constitue 4 à 6 % de la population. Bien qu’on en retrouve sur le reste de la planète, il ne constitue que 1 à 2 % de toute l’espèce humaine. Les études à son sujet prédisent même sa disparition complète d’ici une centaine d’années. On le reconnait facilement à la couleur de son pelage qui passe du doré à l’orangé, à ses taches de rousseur qui tapissent sa peau très blanche et à sa sensibilité au soleil. On le dit fougueux et rusé. Toutefois, ce serait un animal mal aimé. Certaines mères souhaiteraient même que leur rejeton, surtout s’il est mâle, ne naisse pas roux.

Cette description, digne du National Geographic aurait pu être écrite au sujet des rouquins, au IVème siècle lorsqu’une théorie fumiste aurait associé les traits des hommes à des animaux. La zoo morphologie a attribué aux roux, le renard et le porc! Le renard étant fourbe et le porc étant sale et lubrique, ce serait là que les préjugés auraient pris naissance. Les roux, parce que leur chevelure rappelait la couleur du feu, reliée à l’enfer, ont longtemps été diabolisés. On accusait les rousses de sorcellerie. Harry Potter est-il la preuve que le mythe des sorcières rousses est toujours de mise? Ben non, ça adonne de même!

Le stéréotype qui m’a le plus étonnée? Les roux pueraient. C’est vrai, bien sûr, comme tout ce qu’on lit sur internet. Oui, on a un gène qui produit du sulfure d’hydrogène, un poison nauséabond qui, inhalé en grande quantité, peut provoquer la dégénérescence du nerf olfactif (ce qui n’est pas mal, car alors, vous ne sentirez plus la puanteur des roux), des pertes de consciences et même la mort! Tenez-vous le pour dit : se mettre le nez sous les aisselles d’une rousse en chaleur peut entrainer de graves conséquences pour votre santé. Et pour les roux, cette arme est étrangement utile afin d’éloigner les attardés.

Trêve de plaisanteries. Le plus grand scandale concernant les roux est provenu du groupe Cryos, une banque de spermes qui refuse maintenant les donneurs roux, prétextant que l’offre est trop forte pour la demande. Les futurs parents ne désirent pas tant pas donner naissance à un bébé roux. De l’anti-roussisme (une expression que je viens de découvrir) ou une démarche purement capitaliste? Beaucoup de bruit pour rien, à mon avis. Les parents veulent des enfants qui leur ressemblent, c’est tout. Et comme ils ne sont probablement pas roux, ils trouveraient détonnant sur le portrait de famille, qu’un joli minois roux tranche considérablement avec leur chevelure brune. Ce même couple refuserait-il un enfant blond? Ça, c’est une autre question, pour un autre billet. Je m’inquiéterai encore un temps des enfants qu’on jette parce qu’ils sont nés de sexe féminin, avant de capoter sur un business qui offre ce qu’on lui demande. J’espère seulement qu’avoir un bébé en santé vient encore au premier rang des espoirs parentaux.

En faisant ma recherche pour ce billet, je me suis vite rendue compte que le sujet soulevait bien des passions. À ma grande surprise, de nombreux sites d’anti-roux ont déjà vu le jour, après quoi ont poussé comme des champignons, des sites qui se portent à la défense des roux. Vraiment? Pas d’autres causes à dénoncer ou à défendre? La traite des femmes, le travail des enfants, la violence, les états totalitaires, la guerre, les famines, la corruption, le crime organisé, l’analphabétisme, ça ne vaut pas de partir des mouvements? Faut pas virer fou. Les roux n’ont jamais vécu l’esclavage, jamais un roux n’a dû utiliser de toilettes leur étant réservées et jamais on n’a mis le feu à un autobus rempli de roux. Les roux ne sont pas une cause à défendre. Si le pire qui peut arriver à un roux, c’est de tomber sur une carte de Noël qui dit « le Père Noël aime tout le monde, même les roux », on peut en rire. Le Père Noël n’existe même pas, who cares qui il aime!

Un jeune ado de 14 ans a même créé une page Facebook intitulée Journée nationale des coups de pieds aux roux. Imaginez-vous donc, que 5000 fans se sont vite inscrits et que le 20 novembre 2008, plusieurs en ont profité pour mettre leur pied au cul de pauvres roux à leur portée. Le jeune a fait ses excuses, le site a été fermé. Il avait été « inspiré » par un épisode de South Park où Cartman partait en guerre contre les roux. Un autre exemple qui montre qu’un bon pourcentage de la population manque un brin d’intelligence pour comprendre que l’humour, c’est fait pour être drôle,  pas pour être pris au sérieux. Et je ne parle pas spécifiquement de l’ado qui a fait une blague de très mauvais goût, mais des 5000 « cromos » qui l’ont pris au pied de la lettre. Encore une chance que personne n’ait encore pensé à créer une journée « Frappe un stupide » car on serait probablement en pleine guerre civile.

Le seul vrai désavantage à avoir le gène de la rousseur, c’est le redoublement du risque d’être atteint d’un cancer de la peau. Alors, les roux, protégez du soleil votre peau laiteuse.

Éloge du roux
Ceci dit, je suis rousse. Pour moi, être rousse, c’est comme mesurer 5 et 3. Ça fait partie de moi et de ma personnalité. Je n’ai jamais été complexée d’être rousse et je n’aurais jamais imaginé qu’on puisse en souffrir.

Petite, j’étais très rousse et rousselée. Pourtant, un seul ami m’a surnommée « carotte » et il le faisait avec tellement de tendresse, que j’aimais ça. Le grand-père de ma meilleure amie d’enfance m’appelait aussi, affectueusement, son « gros bébé roux ». C’est devenu un peu plus gênant lorsque j’ai atteint l’adolescence, mais cela reste pour moi de bons souvenirs. À propos de mes éphélides (taches de rousseur), il y avait bien un « mononcle » pour me dire « t’es-tu fait griller à travers un scrigne? » (t’es-tu fait bronzer à travers un grillage). Des taquineries affectueuses, que je n’ai jamais prises pour des insultes au point de me frotter des tranches de citron dans le visage pour effacer le tout. À une époque ou tout un chacun se dessine des tatouages pour agrémenter leur épiderme, nous avons l’univers entier tatoué sur le corps à coups de picots lumineux.

Pour le reste, j’ai toujours reçu des compliments sur la couleur de ma tignasse. C’est peut-être pour ça que je perçois ma rousseur comme une chance. En effet, quand les « madames » payent pour essayer d’obtenir ta couleur de cheveux, ça te solidifie une confiance en soi. Quant à moi, j’ai certainement économisé quelques milliers de dollars en teintures.

Je fais partie d’une minorité d’humains qui ont la particularité d’être un peu plus orangé que la moyenne. Au Québec, nous sommes peut-être 1% de la population, mais comme beaucoup de femmes se teignent en rousses, nous n’avons rien de si exotique. Je trouve particulièrement intéressant de vous dire que dans l’école où je travaille, nous sommes environ 35 personnes, et parmi elles, nous sommes 5 vraies rousses. Par contre, nous sommes aussi 5 à être dans la quarantaine, 5 à être Gémeaux, 5 à aimer la pizza. Encore là, ça adonne de même.

Par contre, je me souviens être allée dans des pays arabes où ma couleur de cheveux n’avait rien de banal et fascinait les africains. Je me souviens aussi être allée en Irlande et m’être sentie tellement chez moi parmi tous ces rouquins! Là-bas, on aurait dit que tout le monde était roux et j’ai ressenti un sentiment d’appartenance assez surprenant. Même les Irlandais me prenaient pour l’une d’eux. Ce n’est seulement que lorsque j’ouvrais la bouche et que je leur sortais un « Ha wa you » bien accentué, qu’ils constataient que j’étais peut-être rousse, mais pas nécessairement des leurs.

Puisqu’être roux relève de la génétique, et que les roux font des enfants avec des bruns, en majorité, il y a de fortes chances, je dirais qu’il y a de fort risques, que les roux disparaissent effectivement d’ici 100 ans. Si cette situation ne semble pas affecter les non-roux, les roux, eux, prennent cela au sérieux. Surtout aux Pays-Bas, où un festival est né en l’honneur des roux. Ils ont ainsi créé la journée mondiale des roux et défilent dans les rue de Breda, en Hollande pendant ce festival orangé. Pourquoi pas? On a bien des festivals de jumeaux! Le mouvement « Ginger Pride » est aussi né en Angleterre. C’est bien d’être fier, mais vous ne me verrez pas de sitôt en pèlerinage aux Pays-Bas ou dans un défilé de roux.

Je suis même tombée l’autre jour, sur une série web : Les roux. Des capsules humoristiques mettant en vedette des roux qui s’amusent avec les stéréotypes. En voici un extrait à regarder si vous avez le sens de l’humour.  http://www.kebweb.tv/lesroux/bande-annonce

Il y a aussi des mythes positifs sur les rousses. Les rousses chaleureuses, passionnées, pulpeuses. Un stéréotype pas trop déplaisant incarné à la perfection par l’actrice Christina Hendricks dans la populaire série Mad Men. Une fausse rousse, en passant. Exploitez donc le côté positif de votre sort: on ne vous perd pas dans une foule, vous vous distinguez de la masse, on envie votre teinte en secret, vous mettez un peu de couleur à notre décor et vous sauvez des milliers de dollars en teintures! De plus, on vous imagine comme une bombe sexuelle. Que demander de plus?

christina Hendrick

Messieurs, bien que je crois qu’être roux est plus difficile pour vous que nous autres, les filles, je pense aussi que votre heure de gloire a sonné. Le roux le plus sexy du monde, actuellement, est l’acteur Michael Fassbender. Il n’a rien à envier aux bruns ténébreux.

michael fassbender

Chers roux et rousses, célébrez-donc votre tignasse de feu ou de soleil couchant et exhibez-la fièrement, effrontément. Elle fait partie de votre unicité. Elle évoque la chaleur, l’énergie, la lumière, la passion, la vivacité. Si vous êtes vraiment, mais vraiment complexés et que vous êtes pompés à la lecture de ce texte qui aurait dû vous faire sourire, teignez-vous en brun ou en blond. Rien de plus simple! Et de grâce, développez un sens de l’humour! Il vous servira dans d’autres sphères de votre vie qu’il faudra prendre avec un grain de sel, ou de paprika, pour ceux qui préfèrent l’orangé! Après tout, nous aurons disparu d’ici 100 ans. Autant en profiter! Il paraît même que les taches de rousseur font leur come back. En savoir plus avec cet article du Huffington Post.

Le Spa Natur’Eau, à découvrir!

Natur'Eau Spa, à Mandeville

Fervente amoureuse des spas et centres de détente, je voulais, cet été, découvrir une nouvelle destination près de chez moi.

Je me suis lancée sur internet, à la recherche de la perle rare qui offrirait dépaysement et hébergement.  Puis, je suis tombée sur le Natur’Eau, à Mandeville, dans Lanaudière.  Seulement 5 commentaires sur Trip Advisor.  Pas très connu comparativement au Baluchon ou à l’Estérel, mais j’avais envie d’inconnu, alors j’y suis allée. Et je ne regrette rien! L’endroit est définitivement un secret trop bien gardé, malgré qu’il existe depuis 7 ans.

En pleine nature, au cœur des montagnes et des bois, l’effet dépaysement nous frappe dès notre arrivée. Le grand bâtiment, un énorme chalet en bois rond, surplombe les montagnes environnantes.  La propriétaire des lieux nous accueille chaleureusement et nous ouvre les portes de notre chalet.  Nous logeons dans l’unique établissement  à disposition des clients. C’est le luxe  pour deux filles seules,  alors qu’on peut y héberger jusqu’à 8 personnes.

Le chalet 4*

suite du chalet le chalet intérieur du chalet

Dès notre arrivée, on nous prête une robe de chambre et une bouteille d’eau. Nous essayons les divers bains du spa nordique. Bassins chauds et froids, avec chutes, tourbillon, sauna finlandais, bain turc et salle d’aromathérapie. Se promener d’un bain à l’autre est un réel plaisir. Tout est très propre. Le feu brûle dehors, dans une aire de repos, laissant flotter une odeur de bois fumé très agréable.  Manque seulement l’apparition d’Ovila Pronovost pour l’expérience ultime!

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Comme nous passons 2 nuitées sur les lieux, nous profitons de notre première soirée au chalet. Un BBQ est à notre disposition, ainsi qu’un foyer extérieur, et bien sûr, une cuisine complète à l’intérieur. C’est le calme plat, mis à part les moustiques, qui eux, ne nous laissent aucun répit. Nous sommes en plein bois, après tout.

Au deuxième jour, je reçois trois soins que j’ai choisis. Les salles sont simples mais très propres, et le personnel courtois. Je me délecte avec l’ « enveloppement corporel et exfoliation », tandis que ma comparse savoure le massage aux ballots d’herbes chaudes. On finit ça par une pédicure pour notre retour en ville.

Ces deux jours ont bien valu une semaine de vacances. Dépaysement, repos, plaisir des sens, tout y est pour un séjour mémorable.  Les prix sont compétitifs et il y a des activités à faire  aux alentours, pour ceux qui sont fans de plein air. Les chutes du Calvaire ne sont d’ailleurs qu’à 10km du spa. Il faut absolument que j’y  retourne en automne  ou en hiver, en espérant que vous n’aurez pas déjà réservé le chalet!

Pour plus d’informations, visitez le lien: http://www.natureau.com/

Hommage aux Femmes et aux Hommes qui les Aiment

Je suis chanceuse d’être une femme vivant au Québec à cette époque-ci. Il m’arrive parfois de me surprendre à imaginer ce que serait ma vie si j’étais née ailleurs, ou tout simplement à une autre époque.

Ma grand-mère maternelle, une femme intelligente, a dû quitter l’école très tôt. Elle qui aurait voulu devenir institutrice n’a jamais pu réaliser son rêve.  Ce sont plutôt ses filles qui l’ont réalisé pour elle. C’était au Québec, il y a de ça deux générations.  Aujourd’hui, personne ne penserait qu’une petite fille doive quitter l’école après sa troisième année. Pas au Québec.

Pour ma part, j’ai eu la chance extraordinaire d’avoir deux parents progressistes, sortis des griffes de la religion catholique,  qui ne tenaient  pas tant que ça à ce que je me marie et fasse des enfants, mais qui m’ont poussée à faire de hautes études et à acquérir mon indépendance financière. Je ne les remercierai jamais assez.  Avoir un père et une mère qui croient en ton potentiel c’est te voir pousser des ailes. Il m’est difficile d’imaginer que des pères et des mères, ici comme ailleurs, empêchent leur fille de s’épanouir. Et pourtant!

Je travaille dans une école où il m’arrive encore trop souvent de rencontrer des parents, des mères le plus souvent, qui sont coincées dans un cycle de violence et de pauvreté et qui maintient  leur enfant dans un quotidien malsain. Des femmes qui me supplient de ne pas parler au père des problèmes de leurs enfants par peur de violence familiale. Des mères qui malgré leur désir de voir leurs enfants s’épanouir, leur  réserve le même sort. Raison majeure? La dépendance financière. Elles sont démunies, ont peu de scolarité et sont prisonnières de leur situation. Le cycle de la dépendance se poursuit.

Tandis qu’on se plaint encore ici, au Québec, qu’à peine .1% des élus municipaux sont des femmes et que seulement 30% de femmes siègent à l’Assemblée Nationale, ailleurs, les femmes luttent tout simplement pour leur survie.

Une femme est encore violée à toutes les minutes dans le monde et chaque seconde, une autre est battue. Tandis que vous lirez ce court texte, imaginez que 2 femmes sont en train de se faire  violer et que pas moins de 120 reçoivent coups de poing et coups de pied.

Jusqu’à ce que toutes les petites filles du monde aient le droit de s’épanouir, d’aller à l’école, de réaliser leurs rêves de ne pas être violées, battues, brûlées, lapidées,   la lutte pour l’égalité des hommes et des  femmes doit se poursuivre.

Tant que les intégrismes religieux, chrétiens ou islamiques auront le pouvoir sur la raison de l’ Homme, il y aura de l’ouvrage pour la cause féministe. Tant qu’on ne réalisera pas que la Femme, c’est la vie, tout simplement, et que cette vie doit être nourrie, aimée, respectée, il y aura un combat à mener.  Et c’est  avec , à nos côtés, en partenaires égaux, des hommes comme nos pères, nos frères, nos conjoints et nos fils que les choses changeront le plus rapidement.

C’est pourquoi aujourd’hui, je veux rendre hommage à toutes les femmes, et aux hommes qui les aiment.

Rétrospective 2014

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2014 de ce blog.

En voici un extrait :

Le Musée du Louvre accueille chaque année 8.500.000 visiteurs. Ce blog a été vu 76 000 fois en 2014. S’il était une exposition au Louvre, il faudrait à peu près 3 ans pour que chacun puisse la voir.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

POUR OU CONTRE LE ICE BUCKET CHALLENGE?

SEAU

Depuis quelques jours, on voit des gens s’insurger contre le défi du seau d’eau pour la maladie de Lou Gehrig.

Le phénomène viral sur internet dure depuis quelques mois et continue de prendre de l’ampleur. Petits et grands se déversent des seaux d’eau glacée sur la tête et passent le flambeau à d’autres, qui font la même chose.

Ceux qui n’adhèrent pas à ce phénomène sont surtout en désaccord avec le gaspillage d’eau et la futilité du geste.

Pour ma part, je suis tout à fait pour. Deux objectifs sont visés ici. Faire connaitre la cause et amasser des fonds. C’est grâce à  ce phénomène de vidéos virales que la maladie de Lou Gehrig (ou SLA) commence à être connue. Avant ça, qui en entendait parler et y prêtait attention? Juste pour ça, le défi est une réussite totale.

Pour ce qui est du gaspillage de l’eau, oui, c’est vrai qu’on gaspille, mais on gaspille pour bien d’autres raisons quand on arrose notre pelouse alors qu’elle finit quand même par jaunir comme celle du voisin qui n’arrose pas. Quand on remplit et vide nos spas et piscines, et j’en passe. Ce n’est pas ce seau d’eau qui va déshydrater la planète.

D’autre part, je me questionne à savoir si l’objectif d’amasser des fonds est atteint. C’est beau de se lancer un seau d’eau glacée sur la tête, mais est-ce qu’on donne aussi à l’organisme? De plus en plus de gens sont conscients qu’en participant au défi, on doit aussi donner. Ça parait, car ils en parlent depuis peu quand ils font leur défi. Le message commence à passer. Pour une des rares fois où tant de gens se sentent interpelés à participer à un mouvement de solidarité et que ça fonctionne, on ne se plaindra pas. La campagne ne coute rien, comparativement à toutes ces campagnes qui nous envoient des cartes, des collants, des 5 cennes et autres, je la trouve plutôt écologique. Pas de papier, pas de dépenses.

Si toutes les causes caritatives avaient la chance d’avoir une campagne aussi populaire que le  Ice Bucket Challenge, les chercheurs et malades seraient aux anges et je suis persuadée que les autres organismes se grattent la tête à savoir comment ils feraient pour obtenir le même succès.

Je ne peux que féliciter ceux qui ont donné des ailes au mouvement en espérant qu’on trouve une cure à  cette terrible maladie.

On connait un peu plus la maladie, maintenant, il faut donner. Pour faire un don à la fondation, cliquez :  SLA Québec

BOLDUC, COUILLARD, ET LES CITRONS DE L’ÉDUCATION

Le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, s’enfarge dans son jargon médical et ose affirmer que si les bibliothèques scolaires n’achètent pas de nouveaux livres, les élèves n’en mourront pas et ils pourront lire quand même. C’est vrai. On ne peut blâmer monsieur Bolduc de parler de vie ou de mort, lui qui vient du secteur de la santé où tout est question de vie ou de mort. On peut toutefois le corriger. Affirmer qu’avoir de nouveaux livres dans une bibliothèque, ce n’est pas important puisqu’on en a déjà, c’est ne pas connaitre le contenu de nos bibliothèques scolaires. On pourrait l’inviter à venir visiter une bibliothèque de petite école. Il verrait qu’elle est remplie de vieux livres, souvent donnés par des parents, souvent dépassés, souvent abimés. Et on pourrait lui rappeler que la lecture, c’est la base de la réussite scolaire. Et que les élèves qui réussissent, deviennent nos médecins de demain.

Le Premier Ministre Couillard affirme le contraire en disant que les livres, c’est important et que les Commissions scolaires peuvent choisir de couper où elles  veulent. C’est un peu le même discours, au fond. Car les commissions scolaires sont rendues là : couper dans les livres. Quand tout a déjà été coupé, le choix des coupes devient mince, voire même inexistant. Des services ont été abolis, des postes de retraités non remplacés, des subventions dédiées disparaissent. Le Premier Ministère peut bien se targuer de nous laisser couper où l’on veut (mais pas dans les livres, nécessairement). Ainsi, il n’a pas l’odieux de confirmer qu’il coupe dans ceci ou cela, puisque ce sont les gens sur le terrain qui font le sale boulot.

L’ironie, c’est que d’année en année, on nous demande d’ajouter des programmes, selon les sujets chauds du jour. Par exemple, il y a deux ans, on nous a ajouté la mise sur pied d’un programme de lutte contre la violence et l’intimidation. Les argents ont suivi. On a formé des comités, tenu des activités, rédigé des rapports, etc. Puis, les sous n’arrivent plus. Mais la beauté de la chose, c’est qu’on est encore tenus de faire vivre ces programmes. C’est comme si on te forçait à manger du poisson pour ta santé au lieu des beurrées de beurre d’arachide (en te fournissant le budget qui va avec ta nouvelle nutrition), et qu’une fois l’habitude prise, on te retirait les sous, mais on te forçait à continuer ta diète de riche.

Ce sont donc de nombreux programmes qu’on a mis sur pied, et qu’on n’a plus le moyen de financer, mais qu’on doit continuer faire vivre. On presse les citrons. Ce sont les humains qui travaillent sur le terrain qui écopent. Et les jeunes, bien sûr.

Monsieur Bolduc, comme médecin, j’imagine que vous avez eu accès aux livres les plus à jour pour apprendre votre métier. J’imagine que vous aviez accès aux dernières avancées et technologies. Pourquoi les futurs médecins qui ont 5, 6, 7 ans, ne devraient pas avoir les mêmes privilèges, aujourd’hui? Quand 2 médecins, qui ont eu droit à des formations de pointe pour atteindre le niveau requis d’expertise, se mettent à  nous dire que l’on peut faire des miracles avec rien, que tout est important mais qu’il faut couper dans l’essentiel, c’est comme s’ils disaient aux futurs médecin : c’est important de pratiquer une médecine de pointe, mais vous allez apprendre par une médecine de brousse.

Bien sûr, personne ne meurt des coupes en éducation. Et c’est ça le problème. Les effets des coupes ne se font pas sentir sur le champ. L’éducation c’est du long terme et ça n’a pas d’effets concrets directs comme soigner une infection. Mais les effets sont là et causent de nombreux problèmes de société. Si vous voulez un exemple avec lequel vous compatirez, vous, médecins, analysez les congés de maladie du personnel du monde de l’éducation : 98 millions de dollars. 98 millions de dollars envolés parce que qu’entre autres, le personnel est à bout de souffle et se ramasse dans vos hôpitaux.    C’est assez concret, ça? Quand près de la moitié des Commissions scolaires vous demandent l’autorisation de fournir un budget déficitaire, n’est-ce pas un message que du gras, il n’y en a plus depuis belle lurette? Dans quelque temps, les commissions seront tellement pauvres, qu’elles vous supplieront de se fusionner. Vous qui pensiez devoir forcer des fusions, vous aurez enfin accompli votre plan de match : fusionner les c.s. à leur propre demande. Des postes seront naturellement coupés et d’autres citrons pressés.

En effet, messieurs Bolduc et Couillard, personne ne meurt des coupures en Éducation, mais tout le monde en souffre. Un système d’Éducation malade, c’est une société malade.

LE COMPTE À REBOURS DE LA RENTRÉE

bus

S’il y a un moment significatif dans nos vies que nous avons tous en commun, c’est bien la rentrée scolaire. Qui n’a pas vécu cette période de fin d’été qui sonne la fin de la récréation et le retour en classe?

Les petits sont fébriles. Ils ont hâte de savoir qui seront leurs enseignants et de revoir leurs amis. Ils veulent des vêtements neufs et des crayons neufs pour repartir une nouvelle année en neuf!  Ils espèrent que tout ira bien. Peut-être commencent-ils à avoir mal au ventre et à moins bien s’endormir le soir.

Pour les parents, c’est aussi un retour à la normale et à la routine qui approche. Un peu de répit durant le jour, mais les lunchs à préparer, le matériel scolaire à acheter, les vêtements à repasser. Les enfants à calmer, à rassurer, à motiver.  Les devoirs le soir, le quotidien qui reprendra bientôt, mais avant, c’est la ruée vers les magasins.

Les directions travaillent déjà depuis quelques semaines pour s’assurer que tout sera prêt pour le jour J. Les horaires du personnel, le matériel commandé, l’école à nettoyer, les petits trucs à faire réparer. Les budgets à  planifier, les coupures à gérer, les formations à prévoir, les réunions à planifier.

Les secrétaires sont là depuis bien avant. Elles commandent le matériel, préparent les listes d’effets scolaires, les lettres à envoyer aux parents. Elles s’assurent que les dossiers d’élèves sont complets. Elles trient le matériel pédagogique qui arrive à la tonne.

Les enseignants commencent le 25 aout, mais coupent souvent court à leurs vacances, pour ranger leur classe, la décorer, préparer l’arrivée des élèves, revoir le programme et planifier leurs premières semaines de cours. Ils éplucheront les dossiers d’aide de leurs élèves pour savoir qui a un plan d’intervention, qui a besoin de services, et ce qu’on doit faire avec chacun d’eux pour leur assurer une réussite.

Le 25, se sera le brouhaha. Réunions, changements d’écoles, nouvelles inscriptions d’élèves à la dernière minute.  Ils auront trois jours pour tout préparer avant l’arrivée des élèves et des parents. Pas le temps de chômer.

Le personnel du service de garde commence aussi le 25 aout. C’est le temps de tout nettoyer, de ranger, de décorer. Le temps de planifier l’horaire des journées, de revoir les programmes éducatifs.

Le 25, les écoles seront  comme des fourmilières, où tout le monde court partout pour que tout soit fin prêt pour l’accueil des jeunes.  Les concierges sont en demande pour changer des meubles de place, nettoyer les fenêtres, faire le gazon qui a bien poussé durant l’été, enlever les toiles d’araignées qui se sont approprié les lieux.

Les enseignants font la file devant le bureau de la secrétaire. Il manque une clé, une brocheuse, une liste d’élèves. Les directions animent les réunions et voient aux réquisitions pour tout ce qui doit être réparé, posé, installé. Ils accueillent les nouveaux membres du personnel (techniciens, psychologues, psychoéducateurs) qui viendront d’apprendre où ils travailleront cette année.

Et quand sonne la cloche de la rentrée, les jeunes arrivent, tout beaux, et retrouvent leur école comme ils l’avaient laissée en juin. Sans savoir tout le travail que ça aura pris pour que tout semble comme avant. Tout le monde est fébrile. Un grand rassemblement dans la cour d’école, un discours de la direction, et les amis partent en classe, laissant leurs parents inquiets, quelque fois pressés de retourner à leur boulot ou quelques fois soulagés que les vacances finissent. Certains sont émus de voir leur petit entrer en maternelle, d’autres sont contents que leur pré-ado dégage un peu de la maison. Certains élèves ont mal au ventre, nerveux, d’autres sont excités et sautent partout. Quelques-uns se cachent dans les jupes de leur mère. D’autres sont déjà détachés, dans le fond de la cour, avec leurs amis. Il y a beaucoup de papas. Beaucoup plus qu’avant, ce qui est rassurant. Il y a aussi beaucoup d’enfants seuls, sans leurs parents ou grands-parents. C’est un peu triste pour eux. Mais on les repère vite, et on les accompagne et les dirige vers leur enseignant qui en prendront soin toute l’année.

Les enfants entrent en classe, les parents vont payer leur compte scolaire, certains seront heureux de l’enseignant qui prendra en charge leur enfant, d’autres viendront vite se plaindre à la direction qu’ils n’acceptent pas le classement de leur rejeton. Puis, tout le monde repart vaquer à ses occupations.

Et c’est parti! Une autre année commence, sous le thème des superhéros, des dinosaures, des espions ou autre.  Demain déjà, tout sera rentré dans l’ordre, revenu à la normale.

Mais pour l’instant, on vit dans la folie de la rentrée, et le compte à rebours est bien entamé!

LA VIE COMME UNE BALANÇOIRE

Couple Playing on a SwingLa vie, comme une balançoire, ça commence par les parents qui nous poussent pour nous donner de l’élan, ou nous retiennent, quand on en a trop. 

C’est l’adrénaline,  le sentiment de liberté, le risque, la quête du bonheur, le défi d’aller toujours plus haut, plus vite. C’est le sentiment d’avoir des ailes. C’est le temps de la récréation, le temps des pulsions. C’est l’euphorie de la montée et le vertige de la descente, grisant et épeurant à la fois.

On peut y jouer seul, mais c’est toujours mieux à deux.  On en tombe, quelquefois,  mais on a la renfourche, invariablement.  Ça virevolte, ça twiste, ça demande de l’énergie, ça brasse, ça secoue.

La vie, comme une balançoire, c’est  aussi des chaines qui nous retiennent au sol.  Des cordes qui nous rattachent à la réalité.  C’est comme un tape-cul qui cogne dur des fois. C’est un jeu parfois dangereux. Ça cause des éraflures.

C’est aussi la balancelle sur le porche ou sous le vieil arbre, où le doux mouvement de va-et-vient calme nos angoisses et remue nos souvenirs. C’est l’effet de pendule, qui rythme le temps qui passe. C’est là où l’on se retrouve, tous les deux, un peu plus vieux, main dans la main, ou seul avec nos souvenirs.

La balançoire, comme la vie, est en perpétuel mouvement. Et lorsqu’elle s’arrête, on sait que  c’est la fin du jeu.

fin du jeu