LA VÉRITÉ SUR LES MENSONGES


mensonge

Le fait est que tout le  monde ment, même les enfants. Ils mentent vers 4 ou 5 ans pour jouer avec les mots, parce qu’ils fabulent encore un peu et s’inventent des histoires rocambolesques, par plaisir ou pour épater la galerie. Ils mentent aussi pour éviter une punition.  Après 7 ans, les enfants mentent plus sciemment. Leur concept du bien et du mal se développe et ils savent faire la différence.  Vers 10 ans, ils veulent être acceptés socialement. Alors ils mentent quelquefois pour faire partie du groupe. À l’adolescence, ils mentiraient à leurs parents une fois sur deux!

Le premier mensonge concret dont je me souviens remonte justement à l’âge de 10 ans. Je jouais aux dards dans le sous-sol de ma tante Georgette et mon oncle Robert. Malhabile, un de mes dards a foncé droit dans un cadre vitré posé contre le mur, un peu plus loin (en fait, pas mal plus loin). La vitre a craqué, comme un pare-brise craque lorsqu’une roche le percute. J’étais mortifiée. Quoi faire? Dire la vérité? Non, mon oncle et ma tante m’en voudraient et ne m’aimeraient plus. J’ai donc caché la situation pendant un long mois. Tout ce temps, j’étais rongée en silence par la culpabilité. Pourtant, personne ne semblait s’être aperçu de mon crime. Toujours est-il qu’après un mois, j’ai craqué et en pleurant à chaudes larmes, j’ai raconté mon drame intérieur à ma mère. Elle m’a dit que ce n’était pas grave, mais que je devrais les appeler pour leur dire la vérité. Ce que j’ai fait. Leur réaction m’a surprise. Pas de drame, pas de cris, pas de remontrances. Ils m’ont dit que ce n’était pas grave et ça s’est terminé là. Et j’ai compris que la prochaine fois, je ferais mieux de dire la vérité au lieu de culpabiliser en silence.

En fait, mon expérience personnelle m’a démontré que les enfants mentent souvent parce qu’ils ont peur d’être rejetés. De leurs amis, de leurs parents, des adultes qu’ils côtoient. Alors au lieu de dire « Mon enfant de ment pas », pourquoi pas se demander POURQUOI il a menti. Une fois la source connue, on pourra solutionner le vrai problème.

Il y a trois sortes de mensonges

Le mensonge blanc : on complimente pour faire plaisir. On veut protéger quelqu’un. L’intention est bonne. Qui n’a pas déjà complimenté un collègue sur sa nouvelle coupe de cheveux qu’on ne trouve pas trop belle, juste pour faire plaisir?

Le mensonge défensif : On ment pour se protéger des conséquences que notre geste pourrait avoir. Punition à l’école ou à la maison. Ce n’est pas moi, je le jure! C’est lui qui a commencé! Je n’ai pas fait exprès!

Le mensonge délibéré : sorte de manipulation délibérée qui a pour but d’épater la galerie, d’influencer notre entourage, de faire faire quelque chose à quelqu’un.  On conte une histoire et on en met un peu plus, pour rendre l’histoire plus excitante. On exagère un peu notre apport dans la réussite d’un projet. On ment sur notre déclaration d’impôts. On se déclare malade pour aller faire du shopping.

Tout le monde ment et nous ne sommes pas mythomanes pour autant. Si notre vie est monotone, on essaie de l’enjoliver. Si notre sécurité n’est pas assurée à la maison, on voudra s’en protéger et on ment pour éviter le pire. Si nous voulons influencer les autres, on omet certaines informations qui ne sont pas à l’avantage de nos idées. Elles passent mieux ainsi. La preuve en est les discours électoralistes. On nous fait miroiter la lune, et nous on veut y croire. En fait, on vote souvent pour le plus menteur, parce que ce qu’il promet nous plait. On s’arrête peu à savoir si les rêves sont réalisables.

Le petit mensonge occasionnel n’est pas grave dans la mesure où il ne cause pas de tords irréparables. Par contre, un mensonge substantiel peut nuire au développement de liens de confiance. Le manque de confiance amène le doute. Et quel parent a envie de commencer à douter de son enfant? Quel amoureux a envie de douter de sa douce moitié? Quel patron a envie de douter d’un employé?

Une belle phrase d’Anais Nin dit : « À la racine du mensonge se trouve l’image idéaliste que nous avons de nous-mêmes et que nous souhaitons imposer à autrui ».

Si votre enfant ment pour être reconnu par ses pairs, il a peut-être un manque de confiance en lui. Il ne s’estime pas assez pour être lui-même et doit beurrer épais pour qu’on le trouve intéressant. Il compare sa vie à celle de ses amis, et trouve la sienne un peu banale. Peut-être est-il sous-stimulé? Peut-être qu’une activité en famille lui ferait du bien? Qu’il ait des choses à raconter qui soient vraies.

S’il ment pour éviter une punition à la maison, peut-être faut-il se demander si la réaction des parents n’est pas un peu trop intense. Il faut alors dédramatiser et donner des conséquences efficaces mais pas traumatisantes. Une excuse, un geste réparateur suffisent la plupart du temps.

Enfin, s’il ment, il faut se réconforter en se disant qu’il est normal, sans pour autant banaliser. On lui explique les conséquences néfastes des mensonges; On aura de la difficulté à la croire la prochaine fois, il faudra qu’il travaille pour rebâtir la confiance. Il faut que l’enfant voie qu’il aura des avantages à dire la vérité. Si on le menace avec une punition trop grande, il n’aura pas envie de nous la révéler. Il aura trop peur des conséquences. On encourage le jeune à dire la vérité, si, lorsqu’il nous la dit, on dose nos réactions et on accepte la vérité énoncée. On lui dit qu’on est fier qu’il ait été assez courageux pour avoir été honnête et on lui montre ce qu’il faut faire la prochaine fois.

En tant qu’adulte, l’important est de savoir pourquoi on ment. Si je m’achète une nouvelle paire de chaussure et que je le cache à mon partenaire, je dois savoir pourquoi. Éviter des remontrances, cacher un problème de surconsommation, éviter une dispute. En fait, c’est ce qu’on évite de confronter qui est le problème. Le mensonge n’est qu’un symptôme que quelque chose cloche. Le pire serait de se mentir à soi-même.

Pour en savoir plus, lire l’article : Les parents et le mensonge

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