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LA VÉRITÉ SUR LES INCOMPÉTENTS

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1- L’incompétent, c’est jamais nous, c’est toujours l’autre;

2- L’incompétent semble toujours en contrôle de ses affaires, c’est pourquoi il peut arriver à la dernière minute, et partir le premier. Il est le roi de la procrastination;

3- L’incompétent improvise, ce pourquoi il a du temps. Il en profite pour aller se plaindre de ses collègues au patron, pour montrer qu’il est découragé et qu’il est le seul à avoir le bien de l’organisation en tête. Il vous donnera des idées, qu’il a volées à un voisin de bureau, pour montrer qu’il pense fort à comment améliorer les choses. Il vous signifiera qu’un tel ne fait pas son travail, ce qui entrave la qualité de son propre travail;

4- L’incompétent ne se rend pas compte qu’il est incompétent. C’est pourquoi il siffle et chantonne et qu’on a le goût de l’étrangler;

5- L’incompétent est l’expert en délégation de tâche. À qui délègue t-il ? À vous, le plus souvent. Jusqu’à ce que vous en ayez assez et qu’il siphonne quelqu’un d’autre;

6- L’incompétent a le don de faire pitié pour qu’on l’aide. On aide les démunis, c’est connu;

7- L’incompétent s’ignore le plus souvent. Et lorsqu’il se reconnait comme incompétent, s’absente régulièrement pour fuir la réalité, mais revient, toujours aussi incompétent;

8- L’incompétent dira haut et fort en réunion qu’il n’a pas ces problèmes-là, lui.

9- L’incompétent est hissé vers le haut grâce à ses collègues, ou bien il entraine ses collègues vers le bas;

10- L’incompétent plus rusé sera tôt ou tard dans le jus, « meaning » : N’en mettez pas plus sur mon assiette je sens que je vais faire un burnout! Alors on ne lui en exige pas trop. Sinon, l’incompétent fera appel à son syndicat et portera plainte pour harcèlement…

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Les Parents et le Mensonge

mensonge

Billet d’humeur à prendre avec un grain d’humour

Mon enfant ne ment pas! C’est ce que me disent de plus en plus de parents qui jurent que leur progéniture, pris la main dans le sac, n’a pas menti et que tout est de la faute de l’autre (l’autre enfant, l’enseignant). Ce à quoi je leur réponds le plus souvent : Si votre enfant ne ment pas, il n’est pas normal. Bon, enfin, c’est ce que je me dis. Parce que si je leur répondais vraiment ça, ce serait assez pour qu’ils me disent que j’accuse leur enfant d’être anormal.

Pire que le mensonge de l’enfant est la réaction des parents quand on les informe que leur enfant a menti.

Le parent avocat

avocat

Le parent avocat défendra son enfant jusqu’à porter plainte à la Commission scolaire si on ne capitule pas. Il ne sait pas ce qu’il s’est passé (il n’était pas là), mais il  croit son enfant. Comme un avocat, peut lui importe vraiment ce qui est arrivé, tout ce qu’il veut qu’on retienne de sa longue diatribe enflammée, c’est que son enfant ne ment pas. Il est le seul juré et sa conclusion est le seul verdict acceptable.

Cher parent avocat, il se peut que votre enfant subisse une injustice, mais faudrait pas mettre tout le système en branle pour un simple mensonge. Il se peut aussi que votre enfant soit déclaré coupable et que ce soit vrai. La peine ne sera pas si grave. Au plus il aura une réflexion à faire, un geste réparateur à poser. Et sachez que les enfants n’ont pas toujours besoin d’avocats. Ils se défendent assez bien seuls. Ou bien ils l’apprendront, ce qui est encore mieux.

Le parent détective

espion

Le parent qui demande les preuves. On lui dit qu’une telle a vu l’enfant porter un geste. Le parent nous répond qu’il veut parler à cette personne. Qu’on lui expose de long en large les étapes qu’on a suivies durant une enquête qui nous a pris 2 heures de notre journée pour venir à bout des versions de tous ceux impliqués, ça ne compte pas. Il veut refaire le travail lui-même. Il ira même jusqu’à communiquer avec d’autres parents, pour s’assurer que le leur a bien été puni, que l’école n’a pas monté un scénario de toutes pièces pour harceler leur chérubin. Il se tiendra près de la cour de récréation et observera son ange interagir avec les autres, pour les prendre sur le fait d’un autre crime beaucoup plus grave qui demanderait notre attention et la dévierait de son chérubin. Cher parent détective, pensez-vous vraiment qu’on conspire pour accuser les jeunes à tort, votre enfant en particulier? On en a des centaines à éduquer ou à martyriser, c’est selon.

Le parent qui exorcise ses démons

diable

J’ai aussi le grand plaisir de recevoir des billets qu’on a envoyés aux parents, dans une enveloppe cachetée, nous revenir par les mains de l’enfant, avec un message bien en vue graffigné à l’encre rouge, comme possédée de la main du diable,  qui dit que son enfant n’a pas menti et que la prochaine fois, on devra le croire! Bien sûr, l’enfant se fait en général un plaisir de nous soumettre la lettre, avec un petit sourire presque diabolique. D’autre fois, l’enfant est mal à l’aise. Il sait qu’il a mal fait. Il culpabilise un peu.

Le parent qui s’exprime est verbomoteur et aussi très peu discret. Sa voix peut monter d’une octave ou sembler venir tout droit d’outre-tombe. Il arrive en coup de vent, exige de nous rencontrer pour nous expliquer à quel point nous sommes incompétents. Habituellement, il a détesté l’école étant jeune et transfère sa haine du système sur nous.  Il ne se gêne pas pour laisser exploser sa colère et cracher son venin sur tout ce qui l’entoure.  Le problème, c’est l’enseignante, toujours sur le dos de son rejeton. Il croit que son enfant est étiqueté et qu’on passe notre temps à le diaboliser. Il exigera qu’on retire la conséquence imposée, il refusera que son enfant assiste à une retenue ou autre.

Cher parent qui exorcise ses démons. Vous vous y prenez très mal et on n’a pas le gout d’être gentil avec vous. Sachez que la prochaine fois que vous vous pointerez à l’école, nous aurons envie de vous éviter, et peut-être qu’on brandira le crucifix pour vous tenir éloigné.

Le parent guerrier

guerrier

Le parent guerrier en veut à l’école, à l’enseignant, à la direction pour la grande injustice qu’on vient de porter envers son enfant. Il a la mémoire longue et vient de déclarer la guerre. Il trouvera toutes les excuses possibles pour envoyer des notes rageuses à l’enseignant de son enfant, comme autant de petits coups de poignard. Il posera des embuscades, soulignera une faute d’orthographe de l’enseignante à gros traits.  Ainsi, il critiquera l’enseignante qui me transmettra, en larmes, le dernier message méchant qu’il a reçu du parent guerrier. Aucune trêve en vue, la guerre froide durera jusqu’à la fin de l’année. Jusqu’à ce que l’enseignante se trouve vaincue. L’enseignant du niveau supérieur tremble déjà en sachant que l’enfant du parent guerrier aboutira dans sa classe l’an prochain.

Le parent de l’extrême droite

extremiste

Le parent de l’extrême droite est « trop de notre bord ». Il nous dit que son enfant est un menteur. Qu’il est pareil à la maison. Qu’il est souvent puni pour ses mensonges. Il fomente la pire des punitions pour dompter son fils. Punition qui pourra même aller à un mois sans amis, ou sans jeu. Bref, il en met trop. Avec le parent d’extrême droite, on en arrive à vouloir banaliser la situation à la dédramatiser, à tenter de calmer le parent car on a un peu peur pour notre petit protégé qui n’a tué personne.

L’enfant du parent extrémiste a très peur qu’on appelle son parent. Il tremble de peur. Ce qui fait qu’on ne communique pas souvent avec ce parent. On règle ça à l’école et on essaie de faire comprendre à l’élève ce que son parent ne comprend pas. Un mensonge, ce n’est pas si grave, mais ce n’est pas bien non plus. Par contre, on comprend le jeune de mentir pour éviter une punition. On le ferait aussi si on avait affaire à un parent extrémiste.

Le parent idéal

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Le parent idéal existe. Il compose même la grande majorité de notre population. C’est celui qui ne panique pas, et s’assure d’écouter ce qu’on a à dire avant de porter un jugement. Il ne nous prend pas pour des caves et se dit que si on prend la peine de communiquer avec lui, il prendra la peine d’avoir une vraie conversation. Il pourra même nous faire part de ses inquiétudes en sachant qu’on fera notre possible pour l’aider. Il comprendra que son enfant a commis une bévue mais n’en fera pas un drame. Quand le parent sortira de notre bureau, on aura encore le sourire aux lèvres. On saura que la situation est réglée à la satisfaction de tous (à part peut-être l’élève qui aura à vivre avec les conséquences de son geste). On n’aura pas peur que le petit se fasse battre en arrivant le soir à la maison. On saura qu’on peut compter sur ce parent-là pour collaborer car nous sommes sur la même longueur d’ondes et nous travaillons vers un même but. On a le même objectif : faire de l’enfant un être qui sera équilibré.

Cher parent, votre enfant ment, mais on l’aime et il est normal! Vous voulez savoir pourquoi on ment? Lisez ceci: La vérité sur les mensonge.

LA FOIS OÙ J’AI ÉTÉ INTIMIDÉE, OU L’HISTOIRE D’UNE DOUCE REVANCHE

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Tout le monde et son voisin semblent avoir été intimidés. Il est presque bon ton d’affirmer, aujourd’hui, avoir souffert d’intimidation étant plus jeune. Même Céline Dion raconte qu’elle a été intimidée à l’école (Et c’est vrai. J’ai une collègue qui fréquentait la même école qu’elle et qui se sent encore coupable aujourd’hui de s’être moquée de Céline à l’époque). Ce ne fut pas mon cas. Je n’ai eu que deux épisodes durant lesquels j’ai eu peur de quelqu’un qui me menaçait. Je ne peux donc pas  affirmer que j’ai été victime d’intimidation. Enfin, je pourrais, mais je charrierais un peu.

Je vous raconte. J’étais au primaire et j’étais bonne à l’école, Sonia (mon intimidatrice d’un jour) devait être moyenne. Nous n’avions pas beaucoup de cadeaux dans ce temps-là (les magasins à 1$ n’existaient pas vraiment), mais une bonne fois, l’enseignante avait étalé sur une table, des prix à gagner pour un combat de mathématique. (Vous savez, les combats où deux équipes se plaçaient en rangées et où on combattait notre opposant en devant donner la bonne réponse le plus rapidement possible? Lorsque qu’on gagnait, l’autre allait s’asseoir. On combattait jusqu’au dernier survivant. Un peu comme l’ancêtre des Hunger Games. Une activité que j’adorais mais qui a dû disparaitre parce qu’elle faisait trop de victimes.)

Alors Sonia reluquait les prix en salivant, et moi j’étais confiante de repartir avec la banque en forme de hibou, qui me faisait saliver aussi. Je connaissais mes multiplications et j’étais vite sur la gâchette. Ce matin-là, à la récréation, Sonia (bâtie comme une armoire à glace) est venue me voir pour me dire que si je gagnais un prix, j’allais devoir le lui donner après. Quelques menaces bien senties à mon endroit (j’étais quand même la plus petite de la classe, toujours la première dans les rangs de grandeur) ont suffi à me rendre très anxieuse. Inutile de vous dire que mon cerveau a été occupé à me demander quoi faire dans cette situation nouvelle pour moi. J’ai bien pensé faire exprès pour perdre, mais c’était plus fort que moi, j’aimais la compétition. Presqu’à mon corps défendant, j’ai alors remporté la première place. J’étais donc la première à choisir et mon hibou me faisait de l’œil. Je savais pourtant que j’allais devoir le donner à l’armoire à glace si je tenais un peu à garder ma face intacte. Plantée devant la table et ses offrandes, un éclair que j’oserais qualifier de génial m’a frappé. J’ai vu le disque 45 tours d’une chanson quétaine qu’on avait apprise un peu plus tôt et dont l’enseignante avait dû vouloir se débarrasser. Un triste objet que personne n’avait même remarqué. Et je l’ai choisi non sans lancer un dernier regard sur mon hibou que j’abandonnais, presque comme une mère abandonne son enfant à l’orphelinat. L’enseignante m’a regardée, très surprise et m’a demandé si j’étais bien certaine d’avoir fait le bon choix. J’ai dit oui (même si ma face devait exprimer tout le chagrin que j’avais). Et avec le motton, j’ai levé les yeux sur Sonia. Elle avait l’air déconfit.

L’armoire à glace est revenue me voir après la classe et m’a demandé pourquoi je n’avais pas choisi le hibou (enragée, bien sûr). Je lui ai répondu que la prochaine fois qu’elle voulait quelque chose, elle n’aurait qu’à le gagner par elle-même. Je lui ai tendu le piteux 45 tours d’un air totalement désintéressé comme si je garrochais une cenne noire dans une fontaine. Elle l’a refusé. Sonia ne m’a plus jamais taxée. J’ai gardé mon prix. J’avais eu ma douce-amère revanche.

Les Égos Ratatinés

voilier

J’avais 12 ans. J’étais assise dans un cours de catéchèse. Une de mes boucles d’oreilles était tombée et madame Lise, mon enseignante, m’avait aidée à la remettre. Ça faisait mal et je grimaçais. Puis elle m’a dit : Faut souffrir pour être belle.

Allez savoir pourquoi cet événement banal a marqué ma mémoire. Peut-être parce qu’avec leurs 180 élèves, les enseignants du secondaire n’avaient pas souvent le temps de s’attarder à moi. Ils devaient déjà perdre un temps fou à remettre à leur place les élèves les plus dérangeants. Après ça, il fallait bien qu’ils transmettent leurs savoirs. Et du temps, il n’en restait plus pour les autres.

Faut souffrir pour être belle. Cette phrase toute faite, je l’avais prise comme un compliment et mieux, comme un sophisme. J’avais souffert, j’étais donc belle. Ça m’a marquée, et je m’en souviens encore aujourd’hui, beaucoup plus tard. C’est d’ailleurs les seuls souvenirs qu’il me reste de ce cours : ce compliment, et madame Lise que j’ai aimée encore plus à partir de ce moment.

Je pense que ça m’a marquée, parce qu’à ce moment même, devant toute la classe, je m’étais sentie reconnue, approuvée. Je m’étais sentie quelqu’un. Et je m’étais sentie jolie. Quoi de plus important, à 12 ans?

Encore aujourd’hui, les compliments que je reçois me font du bien. Parce que certains matins, on se lève avec l’égo tout petit, ratatiné et on a besoin de se le faire gonfler un peu. Les compliments, ça nous insuffle comme une brise dans les voiles.

Et je ne parle pas de flatterie qui quelquefois, ne sert qu’à celui qui nous flatte. Je parle d’un compliment sincère qui se donne sous la forme d’un encouragement, de félicitation ou d’une tape dans le dos.

Et ça prend 100 tapes dans le dos pour effacer une claque dans la face. Doctor Phil dit que ça en prend mille, mais ça, c’est pour une très grosse claque.

Dans mon travail, je côtoie au quotidien des enfants et des adolescents qui n’ont pas reçu beaucoup d’encouragements dans leur jeune vie. Ils se trouvent poches et moches. Ils se promènent le dos courbé, les yeux au sol.  J’essaie de leur gonfler les voiles un peu, chaque fois que je les vois. Même si comme directrice d’école, je ne suis pas celle qu’on vient rencontrer sans y être un peu obligé et sans une petite crainte, j’essaie de trouver un point positif à chacun. Pour qu’ils se sentent reconnus et capables. Ça ne coute rien, un compliment et je sais que ça fait du bien. J’exige quelque chose d’eux, un meilleur comportement, la politesse, un moins haut taux d’absentéisme, peu importe, mais en retour, j’essaie de leur montrer que je crois qu’ils ont ce qu’il faut pour y arriver.

À une adolescente enragée, je peux dire qu’elle est tellement jolie quand elle sourit. À un autre qui s’oppose sans cesse, je peux dire qu’il a la répartie facile et qu’il ferait un bon avocat. À un autre qui a été abusé, je peux dire qu’avec toutes les difficultés qu’il a vécues, je le trouve courageux et qu’il peut briser le cycle. Bref, je fais mon possible pour planter une petite graine qui saura peut-être pousser et s’épanouir entre les craques de leur vie asphaltées.

Et j’espère juste qu’un jour j’aurai fait pour l’un d’eux ce que Madame Lise a fait pour moi; me faire sentir que j’existais et que j’étais quelqu’un qui n’avait besoin que d’un petit compliment pour se sentir grande.

Pour savoir si vous avez un égo démesuré, faites le test sur le lien suivant: Test: égocentrique: Avez-vous l’égo démesuré? Selon vos réponses au 13 questions, vous saurez si votre égo est trop modeste, trop envahissant, en dent de scie ou à la bonne taille.

Et vous, avez-vous souvenir d’un compliment qui vous a regonflé les voiles? Partagez-le.

SANS SES HUSKY, L’HOMME EST ICI PERDU, ISOLÉ

HUSKY
Le titre de ce billet est tiré d’un reportage de TF1 sur le Québec appelé « Au Pays des Caribous » mais aussi bien surnommé « Pire Reportage sur le Québec ». L’équipe de journalistes G. Debré M. Derien et A. Geoffroy nous y décrit un Québec pittoresque, isolé du monde et enseveli sous 4 mètres de neige 8 mois par année. Très poétique, mais bourré d’erreurs sur les faits. Quant à moi, je me rejoue le clip quand j’ai envie de rire un bon coup. Pour savoir ce dont je parle, je vous suggère de le visionner. Au pays des Caribous. 

Pas pour crever votre bulle mais :

Sans ses Husky, l’homme est perdu. Personne au Québec ne se fie sur quel qu’animal que ce soit pour se déplacer. On fait bien des tours de carrioles tirés par des chevaux, à l’occasion (Noël ou cabane à sucre), mais pour le reste on se déplace en automobile, vélo, autobus, mobilette, comme dans tous les pays développés. La plupart des Français qui viennent au Québec l’hiver pratiqueront la motoneige mais il y a fort à parier qu’ils ne rencontreront pas l’Homme et son Husky.

Pays de caribous…J’en ai bien vu un ou deux au zoo de St-Félicien, mais il est rare que j’en croise un dans le coin. Si vous apercevez un caribou durant votre séjour, dites-vous que vous êtes très chanceux et probablement perdus dans un bois. Par contre, ne soyez pas surpris si vous voyez  des chevreuils, des renards, des hiboux, des vaches et chevaux. Ils sont nombreux et couvrent une grande partie du territoire.

-25 degrés, une chaleur hivernale. Ben oui, toi! Quand on regarde pourtant les statistiques québécoises, les moyennes hivernales oscillent entre -6 et -10 degrés. On a bien eu un record de froid le 23 janvier 1976 avec un -49.1 (avec le refroidissement éolien). Mais on ne se promène pas en cagoule, bottes de loup marin, couverts de peaux d’ours. Si vous voulez vous déguiser en Québécois, le manteau, la tuque, bottes et mitaines modernes feront l’affaire.

4 mètres de neige, 8 mois par année. C’est plutôt la moitié moins de neige, et cela, étendu sur 6 mois de l’année, particulièrement de décembre à mars. On a un vrai automne, un vrai printemps et un vrai été.

Le québécois qu’on voit sur la vidéo, trop content de pelleter la neige dans son entrée ne représente pas le québécois moyen. Celui-ci paye souvent un déneigeur (équipé d’une grosse souffleuse à neige et non d’une pelle), et se sauve dans le sud s’il le peut pour échapper à l’hiver au moins une semaine. Pelleter n’est pas un passe-temps très apprécié pour la grande majorité.

Chers amis étrangers, je ne voudrais pas crever votre bulle, mais vous seriez mieux de vous informer avant de venir au Québec pour y faire du chien de traineau, observer les caribous et grimper les chutes Montmorency gelées. Vous aurez certainement du plaisir dans le vrai Québec moderne, invitant et plein d’attraits touristiques accessibles au commun des mortels. Des activités qui représentent de façon plus réaliste, ce qu’on fait au Québec l’hiver.
Bref, le reportage sans crédibilité, mais très drôle, que je qualifierais de publicité, nous vend un beau Québec invitant. Sauf que c’est de la fausse publicité. Les faits sont erronés. Seules les images sont authentiques. Bravo au caméraman.

En fait, cela me fait penser à toutes ces pubs sur les destinations soleil où on ne voit que des gens heureux sur la plage. Fort à parier que si on nous montrait la vraie vie, tout à côté du paradis, avec sa pauvreté, sa criminalité, ses petites horreurs du quotidien, on n’aurait pas envie de s’y ruer. On veut voir le beau, comme une carte postale et la vidéo est belle. Mais n’appelez pas ça un reportage s.v.p.

Vous voulez savoir ce qu’on fait vraiment en hiver au Québec? Lisez ceci.

12 ACTIVITÉS À PRATIQUER AU QUÉBEC L’HIVER

12 Activités hivernales à faire au Québec

ski

Motoneige: 13 régions, un réseau. De réputation mondiale, le réseau est accessible et interconnecté. Paysages splendides et hébergement disponible. Tout est organisé pour que vous ayez un périple inoubliable.   http://www.fcmq.qc.ca/

Pêche sur la glace (pêche blanche) : Activité populaire l’hiver au Québec. On peut la pratiquer un peu partout et bien-Sûr dans la capitale mondiale de la pêche au poulamon, à Ste-Anne-de-la-Pérade. http://associationdespourvoyeurs.com/

Ski alpin et planche à neige : 15 régions du Québec offrent ces activités. La région reine étant les Laurentides avec ses 13 stations de ski, dont le célèbre Mont Tremblant. http://www.ski.reseauinfoquebec.qc.ca/?gclid=COLd2ej5j70CFcFlOgodCVAAxQ

Ski de fond : http://passionskidefond.typepad.com/my_weblog/centres-de-ski-de-fond-au-qu%C3%A9bec.html

Raquette : http://baliseqc.ca/?gclid=CJLl7oj8j70CFRQaOgodhGYABg

Patin : Festi-Glace sur la rivière l’Assomption à Joliette http://www.festiglace.ca/ .  Domaine de la Forêt perdue http://www.domainedelaforetperdue.com/,

Glissade : St-Jean de Matha.  https://www.glissadesurtube.com/

Le hockey. Chaque quartier a ses patinoires extérieures, chaque ville son aréna. C’est le sport qui règne au Québec.

Festival Montréal en lumière : http://www.montrealenlumiere.com/accueil.aspx

Carnaval de Québec : le plus grand carnaval d’hiver au monde. http://carnaval.qc.ca/a-propos-festival-hiver/histoire-du-carnaval-quebec/

Chiens de traineau : http://www.hiverquebec.com/traineau-a-chien/

Escalade des Chutes Montmorency : http://www.sepaq.com/ct/pcm/index.dot?language_id=2

Le Bonheur

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image: Sophie Vigneault, tous droits réservés

Le bonheur, c’est r’trouver sa route après avoir erré. Le bonheur, ça s’fout de toé des fois, pis ça t’rend visite à l’improviste, quand tu l’attends pus. Ça t’ fait tanguer, ça t’étourdit. Ça t’donne le goût de rire pis d’pleurer en même temps.

Le bonheur, c’est ton père qui t’montre à pédaler, ta mère qui vient t’border. Le bonheur c’est trouver une piasse dans la poche d’un vieux jeans. C’est un A+ sur un examen. C’est p’t-être aussi un C quand tu pensais avoir D. C’t’un compliment qui m’ fait du bien parce qu’y vient d’toé. C’est « Manon love Marcel » gravé sur un vieux tronc d’arbre. C’t’un après-bal des finissants.

Le bonheur, c’t’un pèlerinage, une marche dans l’bois. Un long voyage ou un p’tit sentier pas loin d’chez vous. Ça t’coupe le souffle mais ça t’oxygène. Des fois c’t’un marathon, des fois c’t’un sprint. Ça t’donne le goût de pousser une porte pour voir ce qu’y s’cache d’l’autre bord.

Le bonheur, c’t’un parfum de lilas qui dure pas long. C’est l’odeur du pain chaud qu’on sort du four. C’t’un smoked meat sur la « main » ou d’la crème glacée su’l bout du nez. C’t’un sucre à crème. Pis crisse que c’est bon!

Le bonheur, C’t’une bataille d’oreillers, des rires qui s’échappent des ruelles. C’est prendre la plume, dessiner des cœurs, griffonner des Je T’aime. C’est niaiseux d’même.  C’est un « Crazy Carpet » qui t’fait perdre ta tuque. C’est pogner un poisson pis le r’mettre à l’eau. C’est d’rentrer dans sa robe de mariée après avoir eu deux bébés.

Le bonheur c’est caché en d’sous d’une roche qu’on soulève. C’est une main tendue que tu peux agripper. C’t’une lanterne chinoise lancée du bout du quai. C’est jouer d’la cuiller, dire des conneries. Ça zéro calorie, le bonheur. Le bonheur, c’est juste de vivre un jour de plus. C’est Juste ça. C’est tout’. Le bonheur, y vient mais y reste pas longtemps. Faque tu l’prends su’l pouce quand y passe. Pis tu y dis merci.

Partagez vos petits et grands bonheurs avec nous!

LES ROUX, UNE ESPÈCE EN VOIE DE DISPARITION

moi petite

moi, petite

Billet d’humour

Le roux, cette espèce rare, évolue dans les landes pluvieuses du Nord de l’Europe où il constitue 4 à 6 % de la population. Bien qu’on en retrouve sur le reste de la planète, il ne constitue que 1 à 2 % de toute l’espèce humaine. Les études à son sujet prédisent même sa disparition complète d’ici une centaine d’années. On le reconnait facilement à la couleur de son pelage qui passe du doré à l’orangé, à ses taches de rousseur qui tapissent sa peau très blanche et à sa sensibilité au soleil. On le dit fougueux et rusé. Toutefois, ce serait un animal mal aimé. Certaines mères souhaiteraient même que leur rejeton, surtout s’il est mâle, ne naisse pas roux.

Cette description, digne du National Geographic aurait pu être écrite au sujet des rouquins, au IVème siècle lorsqu’une théorie fumiste aurait associé les traits des hommes à des animaux. La zoo morphologie a attribué aux roux, le renard et le porc! Le renard étant fourbe et le porc étant sale et lubrique, ce serait là que les préjugés auraient pris naissance. Les roux, parce que leur chevelure rappelait la couleur du feu, reliée à l’enfer, ont longtemps été diabolisés. On accusait les rousses de sorcellerie. Harry Potter est-il la preuve que le mythe des sorcières rousses est toujours de mise? Ben non, ça adonne de même!

Le stéréotype qui m’a le plus étonnée? Les roux pueraient. C’est vrai, bien sûr, comme tout ce qu’on lit sur internet. Oui, on a un gène qui produit du sulfure d’hydrogène, un poison nauséabond qui, inhalé en grande quantité, peut provoquer la dégénérescence du nerf olfactif (ce qui n’est pas mal, car alors, vous ne sentirez plus la puanteur des roux), des pertes de consciences et même la mort! Tenez-vous le pour dit : se mettre le nez sous les aisselles d’une rousse en chaleur peut entrainer de graves conséquences pour votre santé. Et pour les roux, cette arme est étrangement utile afin d’éloigner les attardés.

Trêve de plaisanteries. Le plus grand scandale concernant les roux est provenu du groupe Cryos, une banque de spermes qui refuse maintenant les donneurs roux, prétextant que l’offre est trop forte pour la demande. Les futurs parents ne désirent pas tant pas donner naissance à un bébé roux. De l’anti-roussisme (une expression que je viens de découvrir) ou une démarche purement capitaliste? Beaucoup de bruit pour rien, à mon avis. Les parents veulent des enfants qui leur ressemblent, c’est tout. Et comme ils ne sont probablement pas roux, ils trouveraient détonnant sur le portrait de famille, qu’un joli minois roux tranche considérablement avec leur chevelure brune. Ce même couple refuserait-il un enfant blond? Ça, c’est une autre question, pour un autre billet. Je m’inquiéterai encore un temps des enfants qu’on jette parce qu’ils sont nés de sexe féminin, avant de capoter sur un business qui offre ce qu’on lui demande. J’espère seulement qu’avoir un bébé en santé vient encore au premier rang des espoirs parentaux.

En faisant ma recherche pour ce billet, je me suis vite rendue compte que le sujet soulevait bien des passions. À ma grande surprise, de nombreux sites d’anti-roux ont déjà vu le jour, après quoi ont poussé comme des champignons, des sites qui se portent à la défense des roux. Vraiment? Pas d’autres causes à dénoncer ou à défendre? La traite des femmes, le travail des enfants, la violence, les états totalitaires, la guerre, les famines, la corruption, le crime organisé, l’analphabétisme, ça ne vaut pas de partir des mouvements? Faut pas virer fou. Les roux n’ont jamais vécu l’esclavage, jamais un roux n’a dû utiliser de toilettes leur étant réservées et jamais on n’a mis le feu à un autobus rempli de roux. Les roux ne sont pas une cause à défendre. Si le pire qui peut arriver à un roux, c’est de tomber sur une carte de Noël qui dit « le Père Noël aime tout le monde, même les roux », on peut en rire. Le Père Noël n’existe même pas, who cares qui il aime!

Un jeune ado de 14 ans a même créé une page Facebook intitulée Journée nationale des coups de pieds aux roux. Imaginez-vous donc, que 5000 fans se sont vite inscrits et que le 20 novembre 2008, plusieurs en ont profité pour mettre leur pied au cul de pauvres roux à leur portée. Le jeune a fait ses excuses, le site a été fermé. Il avait été « inspiré » par un épisode de South Park où Cartman partait en guerre contre les roux. Un autre exemple qui montre qu’un bon pourcentage de la population manque un brin d’intelligence pour comprendre que l’humour, c’est fait pour être drôle,  pas pour être pris au sérieux. Et je ne parle pas spécifiquement de l’ado qui a fait une blague de très mauvais goût, mais des 5000 « cromos » qui l’ont pris au pied de la lettre. Encore une chance que personne n’ait encore pensé à créer une journée « Frappe un stupide » car on serait probablement en pleine guerre civile.

Le seul vrai désavantage à avoir le gène de la rousseur, c’est le redoublement du risque d’être atteint d’un cancer de la peau. Alors, les roux, protégez du soleil votre peau laiteuse.

Éloge du roux
Ceci dit, je suis rousse. Pour moi, être rousse, c’est comme mesurer 5 et 3. Ça fait partie de moi et de ma personnalité. Je n’ai jamais été complexée d’être rousse et je n’aurais jamais imaginé qu’on puisse en souffrir.

Petite, j’étais très rousse et rousselée. Pourtant, un seul ami m’a surnommée « carotte » et il le faisait avec tellement de tendresse, que j’aimais ça. Le grand-père de ma meilleure amie d’enfance m’appelait aussi, affectueusement, son « gros bébé roux ». C’est devenu un peu plus gênant lorsque j’ai atteint l’adolescence, mais cela reste pour moi de bons souvenirs. À propos de mes éphélides (taches de rousseur), il y avait bien un « mononcle » pour me dire « t’es-tu fait griller à travers un scrigne? » (t’es-tu fait bronzer à travers un grillage). Des taquineries affectueuses, que je n’ai jamais prises pour des insultes au point de me frotter des tranches de citron dans le visage pour effacer le tout. À une époque ou tout un chacun se dessine des tatouages pour agrémenter leur épiderme, nous avons l’univers entier tatoué sur le corps à coups de picots lumineux.

Pour le reste, j’ai toujours reçu des compliments sur la couleur de ma tignasse. C’est peut-être pour ça que je perçois ma rousseur comme une chance. En effet, quand les « madames » payent pour essayer d’obtenir ta couleur de cheveux, ça te solidifie une confiance en soi. Quant à moi, j’ai certainement économisé quelques milliers de dollars en teintures.

Je fais partie d’une minorité d’humains qui ont la particularité d’être un peu plus orangé que la moyenne. Au Québec, nous sommes peut-être 1% de la population, mais comme beaucoup de femmes se teignent en rousses, nous n’avons rien de si exotique. Je trouve particulièrement intéressant de vous dire que dans l’école où je travaille, nous sommes environ 35 personnes, et parmi elles, nous sommes 5 vraies rousses. Par contre, nous sommes aussi 5 à être dans la quarantaine, 5 à être Gémeaux, 5 à aimer la pizza. Encore là, ça adonne de même.

Par contre, je me souviens être allée dans des pays arabes où ma couleur de cheveux n’avait rien de banal et fascinait les africains. Je me souviens aussi être allée en Irlande et m’être sentie tellement chez moi parmi tous ces rouquins! Là-bas, on aurait dit que tout le monde était roux et j’ai ressenti un sentiment d’appartenance assez surprenant. Même les Irlandais me prenaient pour l’une d’eux. Ce n’est seulement que lorsque j’ouvrais la bouche et que je leur sortais un « Ha wa you » bien accentué, qu’ils constataient que j’étais peut-être rousse, mais pas nécessairement des leurs.

Puisqu’être roux relève de la génétique, et que les roux font des enfants avec des bruns, en majorité, il y a de fortes chances, je dirais qu’il y a de fort risques, que les roux disparaissent effectivement d’ici 100 ans. Si cette situation ne semble pas affecter les non-roux, les roux, eux, prennent cela au sérieux. Surtout aux Pays-Bas, où un festival est né en l’honneur des roux. Ils ont ainsi créé la journée mondiale des roux et défilent dans les rue de Breda, en Hollande pendant ce festival orangé. Pourquoi pas? On a bien des festivals de jumeaux! Le mouvement « Ginger Pride » est aussi né en Angleterre. C’est bien d’être fier, mais vous ne me verrez pas de sitôt en pèlerinage aux Pays-Bas ou dans un défilé de roux.

Je suis même tombée l’autre jour, sur une série web : Les roux. Des capsules humoristiques mettant en vedette des roux qui s’amusent avec les stéréotypes. En voici un extrait à regarder si vous avez le sens de l’humour.  http://www.kebweb.tv/lesroux/bande-annonce

Il y a aussi des mythes positifs sur les rousses. Les rousses chaleureuses, passionnées, pulpeuses. Un stéréotype pas trop déplaisant incarné à la perfection par l’actrice Christina Hendricks dans la populaire série Mad Men. Une fausse rousse, en passant. Exploitez donc le côté positif de votre sort: on ne vous perd pas dans une foule, vous vous distinguez de la masse, on envie votre teinte en secret, vous mettez un peu de couleur à notre décor et vous sauvez des milliers de dollars en teintures! De plus, on vous imagine comme une bombe sexuelle. Que demander de plus?

christina Hendrick

Messieurs, bien que je crois qu’être roux est plus difficile pour vous que nous autres, les filles, je pense aussi que votre heure de gloire a sonné. Le roux le plus sexy du monde, actuellement, est l’acteur Michael Fassbender. Il n’a rien à envier aux bruns ténébreux.

michael fassbender

Chers roux et rousses, célébrez-donc votre tignasse de feu ou de soleil couchant et exhibez-la fièrement, effrontément. Elle fait partie de votre unicité. Elle évoque la chaleur, l’énergie, la lumière, la passion, la vivacité. Si vous êtes vraiment, mais vraiment complexés et que vous êtes pompés à la lecture de ce texte qui aurait dû vous faire sourire, teignez-vous en brun ou en blond. Rien de plus simple! Et de grâce, développez un sens de l’humour! Il vous servira dans d’autres sphères de votre vie qu’il faudra prendre avec un grain de sel, ou de paprika, pour ceux qui préfèrent l’orangé! Après tout, nous aurons disparu d’ici 100 ans. Autant en profiter! Il paraît même que les taches de rousseur font leur come back. En savoir plus avec cet article du Huffington Post.